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Le monde inconnu du Pacifique Nord-Ouest a donné naissance à plusieurs mythes et légendes. L’histoire de Juan de Fuca en est une qui a laissé son nom sur les cartes du Pacifique Nord-Ouest et qui a aidé les marins du 18e siècle à garder le cap dans des eaux inconnues.

Après de longs voyages, les marins racontaient des récits excitants dans les tavernes de port. Certains étaient complètement imaginés et d’autres contenaient un soupçon de vérité. Le désir de trouver un Passage du Nord-Ouest était à la base de plusieurs mythes à propos du Pacifique Nord-Ouest. Les Espagnols étaient attirés par le mythique détroit d’Anian et une presse française a imprimé des cartes révélant l’île mythique de la Terre de Gama dans le Pacifique Nord. Comme ces autres histoires, le détroit de Juan de Fuca était plein de promesses. Était-ce le passage qu’ils recherchaient?

Michael Lok était un marin anglais qui est retourné chez lui en provenance de Venise pour transmettre le récit du marin grec Apostolos Valerianos. Ce dernier prétendait avoir voyagé dans le Pacifique Nord-Ouest en 1592 lors d’une expédition espagnole au cours de laquelle ils ont découvert un long et large passage entre les latitudes 47 o et 48 o. Valerianos, qui a expliqué que les Espagnols l’appelaient « Juan de Fuca », a raconté qu’ils avaient voyagé pendant vingt jours dans le passage et qu’ils étaient sortis dans l’Atlantique Nord.

Le récit était tentant à croire, surtout si on considère que l’entrée du passage coulant au-delà de l’île de Vancouver se trouvait à la latitude 48 o. C’est la femme du capitaine Barkley qui, lors d’une expédition dans le Pacifique Nord-Ouest, a nommé le détroit d’après le récit de Lok. En 1792, deux cents ans après le présumé voyage mythique de Valerianos, le voyage autour de l’île de Vancouver (grâce aux efforts combinés des capitaines Galiano, Valdés et Vancouver) a prouvé de façon concluante que les eaux de Juan de Fuca formaient un détroit et non le Passage du Nord-Ouest.

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