Plusieurs expéditions dans le Pacifique Nord-Ouest n’étaient pas intéressées par la cartographie. Elles voulaient obtenir des peaux et ensuite traverser le Pacifique jusqu’en Chine pour échanger ces peaux contre du thé, de la soie, de la porcelaine et des épices et ensuite retourner au pays pour faire fortune. On a chassé des dizaines de milliers de loutres chaque année et la population n’a jamais eu le temps de se reconstituer. Un Tlingit a dit aux Russes à Sitka que « la morue pond des œufs, mais que les loutres naissent une ou deux à la fois, et pour cette raison…elles peuvent être complètement anéanties ». Dans les années 1780, un seul navire pouvait facilement échanger en moyenne 2 500 peaux dans une journée. En 1830, le commerce annuel à Canton n’atteignait même pas ce nombre. Dans plusieurs régions, il n’y a plus de loutres à chasser et Environnement Canada estime qu’il en restait moins de deux mille en 1900.
Lorsque la loutre de mer a commencé à disparaître dans plusieurs régions du Pacifique Nord-Ouest au début du 19e siècle, la traite des fourrures a continué avec d’autres animaux, mais le tort était fait à l’écosystème côtier. Les loutres de mer vivent souvent en groupes, passant la plupart du temps dans les peuplements d’algues brunes. On les décrit comme une espèce clé parce qu’elles ont un impact majeur sur l’écosystème. Si les loutres de mer ne sont pas là pour manger les petits animaux aquatiques, les peuplements d’algues brunes vont être dévorés et les oursins vont dominer le paysage. Leur présence ou leur absence peut complètement changer le genre de plantes et d’animaux pouvant vivre dans une région côtière et la taille de leur population. En 1911, une entente internationale a protégé ce qui restait des loutres. En 1969, la loutre de mer a été réintroduite dans l’île de Vancouver, puis dans d’autres régions du Pacifique Nord-Ouest, où sa population continue de croître.
