Cet extrait a été écrit le lundi 22 juillet 1793 sur la côte du Pacifique à l’endroit le plus à l’ouest de l’expédition.
« J’ai observé une émersion du troisième satellite de Jupiter, ce qui a donné 8.32.48. La moyenne de ces observations est 8º 32′ 21″, ce qui est égal à 128.2 à l’ouest de Greenwich. J’avais maintenant déterminé ma situation, ce qui est la plus heureuse circonstance de mon long, douloureux et périlleux périple, car quelques journées nuageuses m’auraient empêché d’en établir la longitude finale. (* M. Meares avait indubitablement tort de penser, alors qu’il insistait avec ardeur durant son voyage, qu’il y avait un Passage du Nord-Ouest au sud de la latitude de soixante-neuf degrés et demi, car je me flatte de l’avoir prouvé lors de mon voyage précédent [vers l’Arctique en 1789]. De plus, je ne peux pas m’empêcher d’exprimer ma surprise envers son assertion qu’il y avait une mer intérieure ou un archipel d’une grande étendue entre les îles de Nootka et le continent, environ à la latitude à laquelle je me trouvais à ce moment. On m’avait en effet informé que le capitaine Grey, qui commandait un navire américain et qui avait donné l’autorisation à Meares à hasarder son opinion, nie avoir donné de telles informations à M. Meares. De plus, le contraire est indubitablement prouvé par le relevé du capitaine Vancouver, sur lequel aucun appel ne peut être fait).
À minuit, c’était la pleine mer, mais la marée n’est pas venue à un pied et demi d’atteindre le niveau maximal de la veille. Dès que j’ai eu terminé mes observations, nous sommes partis de cet endroit. Il était alors dix heures. Nous sommes retournés par le même chemin et même si la marée était forte, en restant près des rochers, nous procédions à une bonne allure, car mon équipage avait hâte d’être hors de portée des habitants de cette côte. »
